ARABESQUE

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crédits photographiques: Ladislas Combeuil, 2016

Arabesque

Invité par le collectif BLAST, Ladislas Combeuil investit les espaces du Pad
pour une exposition en plein air et dans la Cabine. Un ensemble de
sculpture est présenté sur les pelouses du 3 boulevard Daviers.
Le sculpteur présente de nouvelles productions en contreplaqué arraché
dans l’espace intérieur.

«Un artiste original ne peut pas copier. Il n’a donc qu’à copier pour
être original.»
Jean Cocteau – Le Coq et l’Arlequin, 1918

En revenant et en manipulant l’histoire de la sculpture moderne et
contemporaine, Ladislas Combeuil questionne le statut de la
sculpture. De Constantin Brancusi à Raphaël Zarka en passant par
Donald Judd et Richard Serra, il est à la recherche de nouvelles
formes et de nouveaux dispositifs spatiaux. Ainsi, il travaille les
silhouettes des oeuvres de ses aînés, non pas en prélevant de la
matière, mais en la découpant pour en restituer le dessin.
Au moyen de baguettes de bois et de toile de lin, il refaçonne les
formes d’Albrecht Durer ou de Frank Stella (14 – formes en transit).
Les éléments du support de la peinture (châssis et toile) sont
détournés au profit d’une relecture du volume et de son histoire. Les
références servent de base de travail pour produire un dépassement,
une traduction. Plus récemment, l’artiste se concentre sur les motifs
ornementaux présents dans l’architecture arabe ou encore les vitraux
ou les sols de bâtiments anciens. Les motifs sont décontextualisés et
reconsidérés d’un point de vue matériel.
Ladislas Combeuil procède à un travail d’ajourage du bois pour faire
naître ses Moucharabieh et Claustra. Les panneaux sculptés peuvent
être associés pour redessiner l’espace d’exposition en formant un
parcours où le regardeur, à la fois caché et visible, se perd dans une
profusion de motifs. Accrochées directement au mur, les oeuvres
ajoutent une réflexion sur la peinture.
Une réflexion qui traverse sa pratique depuis quelques années, en
2012 il construit une paroi en assemblant des dizaines de toiles
enchâssées, barbouillées de blanc et retournées. Pensées pour
moi-même atteste à la fois d’un hommage et d’un refus de la
peinture. Seule la forme subsiste.
Avec un soin particulier accordé aux mathématiques et à la
géométrie, l’artiste respecte les notions de symétrie et les questions
de proportions de la composition. Une donnée que nous retrouvons
avec la pièce Sierpinsky (hommage au mathématicien polonais), où,
sur le sol, sont disposés des octogones en béton. Ils forment un
ensemble à la fois normé et décoratif.
Ou encore avec l’oeuvre intitulée Brise Lame, où l’artiste choisit de
conserver les arrêtes du dessin d’un brise lame, pour le traduire au
moyen de barres en acier rouillé.
Au fil des oeuvres, Ladislas Combeuil installe une confusion entre des
dimensions mathématiques, fonctionnelles et ornementales.
En prélevant dans différents domaines, il ouvre les formes de la
sculpture pour en prolonger et réactualiser l’histoire.

Julie Crenn, Août 2015

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