ENTRACTE # 24 – DELPHINE DOUKHAN

Delphine Doukhan s’inscrit dans le champ de la photographie et de la vidéo plasticienne.

Nourrie à l’esprit surréaliste et Dada, imprégnée de mélodrames cinématographiques ainsi que d’un certain cinéma underground, également inspirée par des postures et des regards de la «street photography», elle commence son parcours en photographiant et en «vidéographiant» des personnes de son entourage à l’intérieur de situations narratives (souvent absurdes) questionnant certains stéréotypes et archétypes (l’érotisme genré de la peur, le modèle de la femme au foyer comme source d’enfermement, les rapports filiaux conflictuels, les trios amoureux déchirants, les contes revisités, actualisés…)

Depuis, elle continue d’explorer le champ ambigu de la norme et de la transgression, en plaçant le corps et l’intériorité au coeur de ses réalisations vidéos, ces dernières s’appuyant de plus en plus sur des dispositifs scéniques qui peuvent faire intervenir un grand nombre de participants, autour de la même famille thématique élargie questionnant certains stéréotypes et archétypes sociétaux  (transe collective, la figure du bouc-emissaire).

L’infime (au sens propre comme au figuré) tient une place majeure dans l’élaboration de ses travaux ; indice de mouvements intérieurs, source d’actions dramatiques et de possibilité de climax, il constitue la base dramatique et temporelle dans beaucoup de ses réalisations (suites d’images photographiques de mouvements décomposés, recomposées ensuite en une continuité vidéo réinventée).

Dans la même logique, ses productions trouvent souvent ancrage dans l’existant de proximité, révélateur et/ou source de phénomènes plus larges. Ainsi, les investigations vidéos, les portraits photographiques aux protocoles d’action spécifiques nourrissent également son parcours.

Séquences photographiques, portraits aux protocoles spécifiques, alternent aux pièces vidéos investigatrices et déambulatoires ou bien fictionnelles, ces dernières faisant appel à des dispositifs de plus en plus complexes.

Son travail a fait l’objet de nombreuses expositions, entre autres, au centre Georges Pompidou, à la Marian Goodman Gallery (Paris), au Point éphémère (Paris), à la Biennale d’art contemporain de Rennes ; il a été montré lors de festivals comme la biennale de l’image en mouvement (Genève), le festival vidéo de Louvain (Belgique) ; il a été présenté au Daegu Art Museum (Daegu, Corée) récemment.

www.collectifr.fr/reseaux/delphine-doukhan

Fractal Film

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TRANSPORTS COLLECTIFS
vidéo HD, 20’,  2012
Production : Onyx-La Carrière, Ville de Saint-Herblain
Evocation de transe collective. Issue d’une performance scénique de 5 heures.
Performance sur le thème de la transe collective. Entre captation et composition, le film relate les 5 heures de performance collective durant lesquelles un mini-monde de 26 personnes entre 7 et 65 ans, est réuni sur scène, afin de se livrer à un exercice de transe ; certains d’entre les participants parviennent à la démesure et l’excès, même s’il s’agit d’une démesure cadrée, orchestrée et encouragée par la musique de Bach, jouée également sur scène (sonate BW1013 de Bach).

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Fractal film
L’installation vidéo générative Fractal Film articule les concepts de l’art génératif avec le langage
du cinéma. C’est une collaboration entre l’artiste vidéo Delphine Doukhan et l’artiste génératif Antoine Schmitt.
Installation vidéo générative -Une caméra autonome programmée explore et nous montre un même huis clos à six personnages lors d’une soirée trouble et rituelle, indéfiniment et toujours différemment. L’installation vidéo générative Fractal Film articule les concepts de l’art génératif avec le langage du cinéma.
Projetée en grand format, une courte scène cinématographique se déroule, encore et encore. Bien qu’en boucle, elle est toujours vue différemment : les points de vue, les mouvements de la caméra indéfiniment. L’installation consiste en la projection vidéo de l’exploration systématique d’un même matériau vidéo source par une caméra logicielle qui zoome et qui navigue en live à l’intérieur. Au début de chaque boucle, la caméra programmée choisit un comportement au hasard et l’applique instantanément. Le résultat est un regard infiniment variable sur une même scène. La caméra logicielle suit des règles de mouvement, définies et écrites par les auteurs, et tirées du langage cinématographique, du comportement animal, des mathématiques ou de la physique. Quelques-unes de ces règles laissent explicitement des degrés de liberté à la caméra, dans certaines limites. La scène est un drame court et complexe, un huis clos dansé sans paroles aux airs de rituel tacite. Elle a été écrite et tournée en 5K par Delphine Doukhan. La caméra logicielle a été conçue et programmée par Antoine Schmitt.

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RENCONTRES À SAINT- NAZAIRE
Installation vidéo, 2008
Production, post-production : Ecole Municipale d’Art de Saint-Nazaire, ECM
Investigations à Saint-Nazaire sur le thème de l’altérité.
En 2 parties : les questions-réponses, le repas. 10 personnes rencontrées au hasard de déambulations diurnes, sont invitées à 2 rdvs successifs. Le premier consiste en un entretien sur le thème de l’altérité, (les QUESTIONS-RÉPONSES). Un deuxième rdv ultérieur réunit les participants autour d’un repas (LE REPAS) ( 5mns). Chacun y“déclame” une phrase ou plus, arbitrairement récapitulative de l’entretien, devant le reste de la tablée. On applaudit.