VIRGINIE LAURENT

« Nous ne voyons pas les choses mêmes ; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles. (…) Ainsi, jusque dans notre propre individu, l’individualité nous échappe. Nous nous mouvons parmi des généralités et des symboles, comme en un champ clos où notre force se mesure utilement avec d’autres forces ; et, fascinés par l’action, attirés par elle, pour notre plus grand bien, sur le terrain qu’elle s’est choisi, nous vivons dans une zone mitoyenne entre les choses et nous, extérieurement aux choses, extérieurement aussi à nous-mêmes. »
Bergson, Le rire
Ma recherche est dirigée vers cette « zone mitoyenne » dont parle Bergson, cet espace entre soi et les choses, entre soi et les autres, et entre soi et son image. Comment représenter une chose, une personne, en la dégageant de cette étiquette que l’on a pu lui coller à priori? Peut-on faire un pas de côté et regarder comme pour la première fois? Est-il possible de s’émanciper de ses automatismes, ses conditionnements et préjugés, pour voir le monde en lui-même et en soi?
virginie laurent

crédits: Virginie Laurent, Passages, 2015

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