DU 1er AU 29 FEVRIER 2020 – Gaël DARRAS et Leah DESMOUSSEAUX

Invitation à Résidence dans la Cabine et Le Studio du Bas

VERNISSAGE LE VENDREDI 28 FEVRIER 

OUVERTURE DE RESIDENCE LE SAMEDI 29 FEVRIER 

Leah Desmousseaux et Gaël Darras sont des compagnons de route mus par la même fascination pour la ruine, par l’amour du minéral, de la trace, des secrets du temps. Depuis un premier voyage entrepris ensemble en 2018 de Nantes à Naples, où ils co-signent la série de photographies Tarquinia, il n’ont de cesse de s’entre-aider à formuler cet attrait et à se questionner sur l’indicible langage que l’homme établit avec le monde en gravant et en interprétant les pierres. S’ils partagent leurs intérêts pour l’archéologie, l’anthropologie, l’histoire des civilisations anciennes et pour les mythes fondateurs, leurs pratiques artistiques demeurent extrêmement différentes et complémentaires dans les esthétiques et les énergies qu’elles déploient. D’un côté il y a les architectures aquarellées de Gaël, construites à l’aide de mesures précises et de nombres dorés à la manière des anciens bâtisseurs ; de l’autre il y a les transes photographiques que Leah mènent dans les paysages qu’elle traverse et dont elle sélectionne ensuite lentement les empreintes. D’un côté la vibration colorées des pigments naturels concentrés sur la feuille ; de l’autre l’épaisseur d’une nuit qui happe le regard vers un ailleurs de l’image. Ici la construction, la géométrie et l’élévation ; là le creusement, l’entropie et l’effondrement des formes. C’est la matière et c’est la force qui l’érode, Cosmos et Chaos, les deux faces d’un même monde qui depuis toujours semblent le faire tourner…

Pour cette résidence en regards croisés au Pad, Leah Desmousseaux et Gaël Darras s’immergeront dans la lente élaboration de formats monumentaux en procédant par amoncellement de fragments. Poursuivant sa série de cyanotypes composés de 100 négatifs A4 insolés tour à tour, Leah partira d’un détail capturé dans une photographie d’archive du site de Palmyre. Gaël, lui, amorcera une nouvelle série de peintures all-over représentant des murs de briques frontaux traversés de trames invisibles. Et si le temps le leur permet ils expérimenteront des tirages à la gomme bichromatée d’une nouvelle série photographique commune encore en gestation, un étrange alphabet relevé sur les murs d’un monastère cistercien de Galice.