L’ATELIER DES HAUSSES

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une exposition de
François Brunet et Léo Bioret
26 octobre – 27 novembre 2016
vernissage le 25 octobre 2016 à 18h30
pad / studio du bas
3 bd Daviers – Angers
horaires: week -end 14h-17h
et sur rendez-vous
le collectif BLAST
3, bd Daviers 49100 Angers –
09 82 60 66 86
lecollectiflecollectif@gmail.com
www.collectifblast.com
avec le soutien de la Ville d’Angers,  la Région Pays de la Loire, la Drac des Pays de la Loire, le Conseil Général de Loire – Atlantique et la Fraap
en partenariat avec TALM Angers
invitation vidéo: Cécile Benoiton, Happy, 2016

L’Atelier des Hausses

Avant-propos

L’histoire de ce projet s’est construite autour d’une ruche sauvage prise d’assaut par des frelons asiatiques au 3 boulevard Daviers à Angers, durant l’été 2015. Les discussions récurrentes entre artiste plasticien et critique d’art ont évolué en une idée persistante. L’artiste, François Brunet, a alors proposé une production et le critique, Léo Bioret, des connexions, en écrivant autour du projet.
Cette réflexion commune, s’inspire de l’infra-écologie évoluant dans l’environnement de notre pratique quotidienne. Par rebondissements, nous avons cherché des solutions pour ces abeilles. Il s’agissait en fait de répondre à nos propres questionnements. au-delà d’une démarche de développement durable et de nos implications écologiques respectives, l’initiative de ce projet réside dans l’intérêt que nous apportons à ce qui nous entoure, aux détails, qui régissent l’équilibre naturel que nous tentons d’apprivoiser.
nous n’avons aucune prétention dénonciatrice, par l’exposition, nous parlons de constats. L’Atelier des Hausses, est une démarche artistique en duo, qui invente son propre schéma de causes à effets.
nous expérimentons de nouveaux supports de création qui parcourent différents systèmes d’interprétation: la dimension narrative, l’abstraction, l’utilité et le détournement, l’interaction et la réaction, la documentation et la relation à l’image, l’obsolescence et l’imagination. soulever ce qui à trait à l’interprétation est vaste ; nous en avons modelé une infime partie.
Le dispositif d’écriture mis en place, interroge la forme de l’exposition et le rapport aux oeuvres, à travers de nombreux éléments déclinés: carte postale, édition, feuille de salle, texte d’intention, notices d’oeuvres, supports, socle, etc.
L’Atelier des Hausses, c’est l’oeuvre tentée, l’interprétation bousculée, l’écriture regardée et l’atelier grand ouvert. C’est l’impulsion créatrice.

Léo bioret

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La carte postale, Prunus Alvium, comme souvenir de l’exposition ou pensée instantanée, illustrée par François Brunet
Le journal propose un deuxième espace d’exposition où François Brunet y expose des photographies inédites. trois textes écrits par Léo bioret accompagnent les visuels et prennent des formes différentes: fiction-documentaire, définition et notice d’oeuvre.

« D’abord, il fait noir. Petit à petit, la lumière au bout de l’endoscope fait apparaître des parois de pierre. L’obscurité dévoile pour la première fois ses secrets. La cavité est profonde et les recoins regorgent d’alvéoles et de constructions incrustées dans chaque failles de la pierre. Ensuite, le calme. Aucune entrave à la progression de la tige articulée. Les couloirs rétrécissent, pour s’ouvrir quelques centimètres après, sur des zones plus larges tapissées de petites cases operculées, vides, occupées jadis par des larves blanches juteuses, se tortillant pour exprimer la vie. Le faisceau lumineux semble chercher en vain un quelconque mouvement, un signe d’occupation des lieux, une danse calculée, une survivante… Enfin, le silence. Il faut se rendre à l’évidence, elles ont disparues. L’explorateur n’a rien trouvé d’autre que le vide, les vestiges d’une activité passée. Il range sa caméra, jette un dernier regard au bloc de pierre de l’entrée et se rend à l’évidence…

Elles ont passé l’été à se battre. Les réserves de nectar étaient donc faibles cette année, les frelons ne leur ont laissé aucun répit.
Le mur se dressait comme un support protecteur abritant tout un écosystème. Un équilibre qui menaçait de basculer à tout moment. Sept mètres de haut sur soixante-dix de large, un mur colossal principalement constitué de morceaux de schiste. Une partition apparaissait sur le parement, irrégulière et très dense : les blocs de tuffeau incrustés entre les tranches d’ardoises bleutées, grises, presque rouillées et blanchies par endroit, quelques zones de briques orangées qui se distinguaient sur le mortier gris et la végétation colonisatrice aux couleurs chaudes de l’été qui terminait la composition. La base du mur, un contrefort en pente douce cimentée, soutenait l’édifice sur un mètre trente. Les mousses, en colonie, vertes, marrons et rougeâtres, alternaient avec les petites tâches de lichens blancs.
Telles des échelles multipliées, se hissant tout en haut du mur, les feuilles en coeur vertes du lierre, grimpaient toujours plus hautes entre les squelettes blanchis et secs des anciennes tiges invasives. Au pied du mur, une première stratification de végétation, riche, se contraignait sans limite au profil et au relief de la construction en pierres. Giroflées, jeunes chênes et érables, noisetiers et petits épicéas, euphorbes et graminées, rivalisaient de nuances de vert de marron et de jaune. Des arbres immenses qui encadraient le mur ; un laurier sauce garni, un tilleul odorant et deux frênes très hauts, se dressaient, solides. Sur la partie haute du mur, les sédums rougissaient sous leurs minuscules et nombreuses fleurs jaunes et blanches ; un tapis qui s’étirait entre les frondes verdoyantes des grappes de fougères de Boston. Lorsque le lierre a rejoint le sommet du mur, il a continué à faire des branches et des feuilles vers le ciel, redemandant de la pierre, dressé tel un conquérant.»

extrait de, Le dernier essaim avant la fin du jour, Léo bioret, 2016
François Brunet et Léo Bioret ont souhaité inviter l’artiste Cécile Benoiton à participer au projet. elle diffuse pour l’occasion, sa nouvelle vidéo, Happy. extraite d’une série de portraits vidéos, ce format court met en scène deux personnages, spectres-apiculteurs, par un travail de superposition.
Le métier ou l’activité choisit par l’artiste fonctionne par une narration à contre pied des connaissances collectives, toujours dans une impression d’étrangeté.
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extrait vidéo, Happy, Cécile Benoiton, 2016